Si je fais abstraction d'une mission extérieure de six mois effectuée en Nouvelle Calédonie et à propos de laquelle je reviendrai plus loin, mon véritable apprentissage du service outre-mer a commencé réellement un soir du mois d’octobre 1983, alors que la jeep Toyota dans laquelle j’avais pris place rebondissait de trou en trou sur la piste qui me conduisait au poste de Hol-Hol en république de Djibouti, ma prochaine affectation pour les deux années qui allaient venir…
Assommé tout à la fois par la chaleur et la sécheresse du désert, par le décalage horaire et par les nuits d’insomnie dues autant au changement de rythme de vie et au décalage horaire qu’à l’accueil sympathique qui m’avait été réservé à l'arrivée par mes camarades du 5° Régiment Interarmes d’Outre-mer (5° RIAOM), je me demandais bien ce que j’avais fait au bon Dieu, qui est comme chacun sait notre Saint patron à nous les marsouins, pour me retrouver dans ce coin perdu d’un désert de pierres noircies… Quand on a vingt-cinq ans, qu’on laisse derrière soi des êtres chers, ses amis, sa famille, qu’on abandonne le cadre sécurisant de la compagnie de combat où l’on servait depuis sa sortie d’école voici deux ans à peine, pour se retrouver projeté sans préavis particulier en assistance militaire technique dans un poste isolé de l’Est africain, il y a en effet de quoi s’interroger sur sa vocation à servir sous le signe de l’ancre…
Pour compléter le tableau, ajoutons à ceci le fait que venant de rentrer d'une mission extérieure de six mois en Nouvelle Calédonie, notre compagnie y ayant été envoyée en détachement de renfort du Régiment d'infanterie de marine du Pacifique, je balayais en quelques jours la palette des possibles affectations tropicales, passant brutalement des plages de cocotiers des mers du sud aux cailloux du désert djiboutien... Pour un choc, c'était un choc... et ma vision idyllique du service sous les tropiques en prenait un sérieux coup avec cette affectation dans un poste bâti avant l'indépendance pour servir de cantonnement à une compagnie de la 13ème DBLE en charge de la surveillance des frontières sud de l’ancien Territoire français des Afars et des Issas (TFAI).
Ce qui est certain, c’est que j’étais bien loin de ce qu’écrivait dans les années 30 le colonel Ferrandi dans son livre « L’officier colonial » à propos des impressions ressenties par le jeune officier qui découvre le poste de brousse où il va effectuer son premier séjour outre-mer :
« Je ne connais pas d’ivresse pareille à celle qui s’empare d’un officier colonial de tempérament robuste et d’esprit optimiste lorsqu’il arrive en vue du poste dont il va prendre le commandement et qui est là, sur la crête, devant lui, avec ses murs de pierres ou de briques séchées au soleil, son mat de pavillon fait d’un fut de palmier, droit et fier, où flottent nos trois couleurs, le camp des tirailleurs avec ses cases rondes et ses moussos, revêtues d’étoffes polychromes, à la poursuite d’une marmaille qui court, nombril à l’air et petite tresse hérissée sur le crâne… »
Si d'aventure l'un de mes lecteurs venait à être confronté dans l'avenir au même type de situation dans le cadre de l'Assistance militaire technique (AMT), sans prétendre nullement détenir la vérité, loin s'en faut, à défaut de conseils je souhaiterais donc mettre à sa disposition ce témoignage...
Le village de Hol Hol, première affectation de longue durée outre-mer
1 - L’AMT, UNE MUTATION SURVENUE TROP TOT DANS MA CARRIERE…
En premier lieu, la première chose dont il faut être bien conscient avec une affectation comme celle-là, c’est que la vie en poste isolé n'est absolument pas la même suivant qu'on est affecté seul comme c’était mon cas ou en unité constituée, même réduite, avec au-dessus de soi des cadres plus expérimentés et plus gradés, qu'on agit dans le cadre d'une intervention française ou à l'inverse au titre de la coopération technique et enfin qu'on remplit une mission opérationnelle avec des hommes à commander ou au contraire une mission de conseil sans véritable commandement direct...
Je n'ai bien entendu pas été le seul à me retrouver dans ce type de situation, certains de mes camarades ayant été affectés aux Comores, d'autres en Mauritanie... mais pour avoir souvent échangé avec ceux qui revenaient par exemple d'Atar, j'ai noté pas mal de différences entre nos vécus respectifs...
En ce qui me concerne, avec le recul et au regard des soucis qui furent les miens pendant ce premier séjour outre-mer, je considère que ma désignation pour cette affectation fut une erreur de la part du gestionnaire car pour ce type d’emploi où on est livré à soi-même, il aurait fallu quelqu’un de plus expérimenté que moi, avec plus de "bouteille"… L’assistance militaire technique est déjà en soi une expérience professionnelle à part, mais quand en plus elle concerne un pays comme Djibouti, au carrefour d’influences culturelles multiples, l’affaire tend à se corser… Ceux qui en doutent n’ont qu’à relire ce qu’écrivait en son temps Henry de Monfreid à propos des mentalités locales… ou à échanger avec des marsouins qui connaissent autre chose que le plateau du serpent et la plage du Héron…
En termes de travail, ce qui m'a sans doute le plus manqué dans cette affaire, outre une bonne préparation aux spécificités des mentalités locales, c'est l'absence de patron direct vers qui me tourner et sur lequel m'appuyer pour mener à bien ma mission... une mission au demeurant assez floue et dans un cadre très fluctuant, puisque si on m'avait mis en place pour monter un stage de formation de cadres, on me laissait en revanche toute latitude pour en organiser le programme, fixer mes demandes de moyens … et surtout me les procurer… Dans un cadre normal de régiment il y aurait eu un bureau opérations - instruction pour me fixer le cadre et les moyens de ma mission, le calendrier de travail, etc... mais dans le cas présent c'était l'inconnu total... La liberté d'action c'est bien et c’est grisant... mais jusqu'à un certain point tout de même...
J'avais bien entendu un patron local, un capitaine djiboutien, ancien sergent-chef du 5ème RIAOM à l'époque du TFAI, assez bien disposé disait-on vis à vis des Français, mais il ne me fut hélas d'aucune utilité car il était régulièrement absent, davantage préoccupé me semble t-il par une affectation sur Djibouti-ville où résidait sa famille que par le déroulement de mon stage…
Malgré les difficultés rencontrées il n’en reste pas moins que cette expérience fut très formatrice pour moi sur le plan humain du fait de la vie en vase clos, qu'elle m'a fait découvrir un quotidien très particulier, à savoir celui de l'assistance militaire technique, et qu’enfin elle m'a plongé dans ce milieu physique et humain particulièrement atypique qu’est cette Corne de l’Afrique auquel on ne peut rester indifférent.
Une chose est certaine, après ce "séjour cailloux" il devenait difficile pour les "Anciens" de "m'expliquer la vie" ou de m’en imposer... car sur le plan personnel, les choses avaient quand même été parfois un peu difficiles à vivre...
2 – LA DECOUVERTE DE PERSONNALITES ATYPIQUES MAIS ATTACHANTES….
Lors de mon arrivée à Hol Hol il y avait déjà deux sous-officiers dans le poste, mais du fait de la relève et de leur rapatriement en fin de séjour, je me retrouvais au bout de quelques mois seul avec un adjudant-chef tout nouvellement affecté. Réflexion faite, c’était mieux ainsi car à trois personnes, c’est toujours au plan relationnel deux contre un… et quand les trois broussards sont deux sous-officiers anciens et un jeune officier encore inexpérimenté… les jeux sont vite faits… C'est là l'ordre normal des choses.
A cette époque, indépendamment des conseillers français affectés dans la capitale auprès de l'état-major et des unités de l'Armée nationale djiboutienne (AND), la mission d'assistance militaire en République de Djibouti ne comptait que sept broussards, à savoir moi-même secondé par un adjudant-chef au centre de formation de Hol Hol situé à une cinquantaine de kilomètres de Djibouti ville et cinq autres sous-officiers servant au sein du Groupement commando, des frontières (GCF), héritier de l'ancien Groupement nomade autonome (GNA) : deux étaient en poste à Ali Sabieh, un à Dihkil, un à Yoboki et un à Assa Galla tout à fait dans le nord du territoire, au pied du massif du Moussa Alli... De nous tous, c'était incontestablement ce dernier qui vivait le plus rustiquement car son logement n'était guère plus qu'un "toucoul" à peine amélioré avec juste un frigo à pétrole pour conserver ses aliments... L’honnêteté m’oblige à préciser toutefois que notre homme n'était pas réellement seul car il avait un âne à qui parler... et il se disait même dans la communauté des broussards que l'âne lui répondait...
Une chose est certaine, la vie dans les postes isolés était alors indissociable de la présence de personnalités atypiques, vieux routiers de l’AMT aptes à supporter ce mode de vie particulièrement rustique, qui après avoir parfois défrayé la chronique locale avaient souvent du mal à se ré-acclimater au retour en France... Inutile de dire que leur fréquentation était "croustillante" pour le jeune officier que j’étais... et c'est d'ailleurs en fréquentant ce type de lascar que je compris tout le sens de l'expression "percuté mais superbe"...
Pour en revenir par exemple à notre ami d'Assa Galla, je ne sais pas si c'est dû aux conditions du séjour ou si c'est du fait de sa personnalité, mais ce qui est certain c'est que l'intéressé avait quelque peu perdu ses repères comportementaux en fin d’affectation… Lors de son vol de rapatriement vers Paris il arrosa ainsi un peu trop son départ avant le décollage… au point de finir par débarquer à Roissy... disons accompagné... au terme semble t-il d'une partie de gifles dans l’avion avec les stewards d'Air France qui refusaient de le servir compte tenu de son état d’ébriété...
Un autre de mes bons camarades, l'adjudant-chef T... avec qui j'ai fait par la suite un DAMI de six mois en Guinée Conakry et qui avait aussi servi en poste à Djibouti avant l'indépendance n'avait trouvé rien de mieux quant à lui que d'accueillir la relève en tirant à la mitrailleuse de 12,7 au-dessus des intéressés... Jugeant qu'il n'avait pas terminé la mission de réfection du poste qui lui avait été confiée, il estimait qu'il était hors de question pour lui de partir... d'autant que personne ne l'attendait en France... Je tiens ces confidences de la bouche même de cet excellent camarade.
Parmi mes autres "voisins" de brousse il y avait aussi l'adjudant-chef M... qui était un spécialiste des courses de chiens de traineaux et qui avant sa mutation préparait une épreuve réputée dans le monde, je ne sais plus si c'est en Amérique du Nord ou en Scandinavie... La Direction du personnel militaire de l'armée de Terre, sans doute dans un accès d'humour, n'avait bien entendu rien trouvé de mieux que de le muter à Yoboki dans un des endroits les plus chauds du globe... ce qui nous faisait beaucoup rire...
Le viaduc et le poste de Hol-Hol au second plan
3 - UNE EXPERIENCE NECESSITANT TOUTEFOIS DES QUALITES HUMAINES INDENIABLES…
Pour séjourner dans un poste 24 heure sur 24 et sept jours par semaine en compagnie d'un sous-officier ancien, célibataire endurci, un brin rude et grognon... outre une santé à toute épreuve et des capacités de "démerde" il faut surtout une certaine souplesse de caractère et une bonne capacité d'adaptation... qualités qui m'ont, je le reconnais, fait défaut les premiers temps...
Pour une affectation dans ce type de poste AMT, l'expérience et la personnalité de l'intéressé aurait pourtant due être prise en compte mais il semble que ce soit simplement le critère du statut familial, à savoir le fait d'être célibataire, qui ait compté...
Visiblement les gestionnaires de la DPMAT de l'époque n'avaient pas lu ces quelques lignes extraites du Manuel à l'usage des troupes employées outre-mer (1934) où pourtant tout est dit :
"Tous les Européens ne sont pas aptes à servir aux troupes noires ; les uns n'en comprennent pas la mentalité, les autres ont des défauts particuliers, tels que la violence, la nervosité exagérée, la légèreté du caractère ou des mœurs. De tels gradés doivent être écartés à tout prix des formations indigènes de nos colonies d'Afrique, où le principe " tant valent les cadres, tant vaut la troupe", est encore plus juste qu'en France".
Près d'un siècle plus tard, exception faite des références aux termes "formations indigènes" et "colonies d'Afrique", je dirais par expérience qu'il n'y a rien à changer à ces lignes en matière de critères de désignation d'un cadre pour l'envoyer servir dans le cadre de la coopération technique ou au titre du Service militaire adapté... Je doute toutefois que la personnalité de l'intéressé soit réellement étudiée avant sa désignation... le critère "nombre d'enfants à charge" me semblant peser plus lourd au plan financier pour un gestionnaire qui compte désormais en ETP...
Dans mon cas personnel, pour compenser mon inexpérience, ma chance a été que mon sous-officier adjoint soit un type remarquable, aguerri car ancien de la brigade para au Zaïre, très sportif et très dynamique, avec qui des liens d'amitié se sont tissés au fil des mois, au point que nous ayons demandé et obtenu tous deux pour notre retour en France le 21ème RIMa en espérant servir à nouveau ensemble dans la même unité...
Quand on est laissés à son propre sort, comme ce fut notre cas, car on ne peut pas dire que nous ayons été beaucoup soutenus par notre mission de coopération, il faut savoir se débrouiller et trouver soi-même des solutions à une multitude de problèmes... qui vont de l'approvisionnement en nourriture et en eau à la gestion des rapports, pas toujours simples, avec les locaux.
En matière de liaisons extérieures, faute de disposer d'une connexion internet alors inexistante ou d'un téléphone, nos contacts avec Djibouti se faisaient exclusivement par radio mais celle-ci étant dans un local de l'Armée nationale djiboutienne (AND) nous étions tributaires de la bonne volonté de nos partenaires... ou par courrier.
Dans le domaine pratique, nous ne disposions d'aucune aide des Djiboutiens et ne devions compter que sur nous pour nos approvisionnements ce qui nous obligeait à descendre en ville par la piste pour acheter tout le nécessaire et remonter notre courrier.
Cette affaire de ravitaillement tournait parfois au sketch comme lorsque le jour où j'ai entrepris de ramener un gâteau d'anniversaire pour mon binôme sur ma moto de Trail Suzuki 400 DR... Vu l'état de la piste, à l'arrivée le résultat valait son pesant de crème renversée...
Le plus difficile pour moi en matière de vie courante, si l’on fait abstraction de la pénurie d’eau et des coupures de courant, c’était la corvée de cuisine car même si nous disposions d'une employée locale qui venait du village pour faire un peu à manger et nettoyer, il fallait parfois se débrouiller, notamment le soir et le week-end, avec en ce qui me concerne des talents culinaires plus que réduits...
S’agissant du courrier personnel, dont chacun connaît l’importance, il nous arrivait de façon irrégulière et encore, je l'ai dit, fallait-il se rendre spécialement en ville pour le récupérer. Pour autant, en dépit de son irrégularité, à ma connaissance nous ne nous sommes jamais trouvés dans cet état d’esprit décrit par le général Gouraud où « lorsque approche la date habituelle de l’arrivée du courrier, on se sent pris d’une sorte d’énervement. Et si le courrier n’est pas arrivé à la date, l’énervement s’accroît, devient agressif. La moindre plaisanterie est prise en mauvaise part : les grands chefs sont traités sans respect, les boys font bien de ne pas choisir malencontreusement cette période pour casser une assiette ou un verre… ».
Cette influence du courrier sur le moral, chez les hommes mais aussi chez les gradés, en particulier ceux qui ont des problèmes d’ordre "domestique", phénomène dont étaient parfaitement conscients nos Anciens, doit toutefois être prise très au sérieux par les jeunes officiers. Le mieux en la matière est d’opérer lors de la distribution du courrier un suivi même discret du personnel tous grades confondus pour dépister par avance ceux qui ne reçoivent jamais de nouvelles, car ce sont là des sujets qui risquent à la longue de manifester une fragilité ou de faire dans le domaine disciplinaire preuve de réactions inattendues… voire de se livrer à des gestes de désespoir quand leur moral est au plus bas… Derrière cette absence de lettres il y a souvent un souci, voire un drame familial sous-jacent...
Ce qui est aussi particulièrement important dans ce type d’affectation, c'est de respecter impérativement une bonne hygiène de vie... en commençant par effectuer avant le départ un vrai bilan santé, notamment dentaire… Si au plan santé rien ne m’est arrivé de grave pendant ce séjour, je n’ai toutefois pas pu échapper à une pulpite qui m’a contraint à descendre chez un dentiste de Djibouti… après m’avoir fait souffrir le martyre pendant plusieurs jours... expérience que je ne souhaite à personne…
Une autre recommandation, sans pour autant imiter cet Anglais qui dit-on revêtait un smoking pour dîner seul le soir dans le désert, c’est de conserver une tenue impeccable en toutes circonstances, de s'astreindre au sport et à un emploi du temps rigoureux en marquant impérativement le break de fin de semaine, qui pour nous intervenait le vendredi, calendrier musulman oblige.
Bien évidemment, il faut aussi s'efforcer de compenser l'isolement et la monotonie par la pratique d'un passe-temps... A Djibouti, la chasse étant interdite, pour certains c'était la recherche de géodes, pour d'autre la collection de fusils gras... pour moi c'était la moto et la photo... Pour d'autres camarades affectés ailleurs il y eut la lecture, l'écriture, la préparation d'un concours ou d'un niveau de langues voire tout simplement comme à Atar en Mauritanie, la recherche de pointes de flèches dans les sables du Sahara... Pour un jeune capitaine que j'ai connu plusieurs années après sur l'atoll de Hao où était stationnée une de nos compagnies du Service militaire adapté, il y avait par exemple la chasse sous-marine dans le lagon, notamment de nuit... activité à risques ainsi que je lui avais dit, compte tenu de l’éloignement de Papeete… Le mettant en garde contre les dangers de la mer et de sa faune, je lui prédis qu'un jour il finirait par ''voir le diable''... chose qui un soir arriva mais par chance le requin ne fit que l'effleurer...
Peu importe l'activité, le tout est de savoir s'occuper et la passion vient ensuite très vite... et à partir de ce moment-là on ne voit plus le temps passer...
Jacques Frémeaux, dans son livre « L’Afrique à l’ombre des épées » nous relate la façon dont nos Anciens s’y prenaient pour pallier ce problème :
« Pour échapper à la dépression et à l’ennui, les solutions sont diverses, mais finalement peu variées. Un des principaux moyens qu’ont les « exilés » de garder le moral est, comme l’indique Gouraud, de ne pas couper « le fil qui les relie à la famille, aux amis, à la France ». Se mettre en scène, décrire son existence, souvent avec humour, permet de prendre un certaine distance vis-à-vis de soi-même. échanger des informations, des conseils, qu’il s’agisse des petits évènements familiaux ou de commentaires sur la politique, signifie que la vie continue ailleurs, dans cette France qu’il faudra retrouver un jour, et dans une société où il importe de faire son chemin. Ainsi s’explique que, à une époque où, en règle générale, on écrit plus qu’aujourd’hui, les « coloniaux » entretiennent de fréquentes correspondances. »
A l’heure d’Internet, les courriels, les réseaux sociaux et la tenue d’un blog sont ainsi une façon moderne de remettre à l’ordre du jour cette pratique de l’écriture, qui sert autant d’exutoire que de lien avec ceux qui sont loin… mais cela ne nous était bien évidemment pas possible à l’époque.
Pour ceux qui ont des talents artistiques, comme nous le rappelle Jacques Frémeaux, ils peuvent toujours s’adonner à leur passion :
« Il existe bien d’autres façons de lutter contre la solitude. Des musiciens emportent toujours avec eux leur instrument. « Jamais, raconte un familier du général Niéger, qui servit au Sahara entre 1901 et 1914, dans les longs périples qu’il accomplit à travers le Sahara, son violon ne l’a quitté. Et le soir, au bivouac, dans l’immensité du désert, il jouait pour lui-même avec plus de passion me disait-il, que devant le plus sélect auditoire. Il n’était pas pour lui de meilleur repos ».
Personnellement je n’ai aucun don pour la musique ou pour la peinture et je le déplore, surtout s’agissant de ce dernier domaine car j’aurais pu réaliser des aquarelles magnifiques dans certains lieux où je suis passé par la suite, comme par exemple le Tibesti…
Quoi qu’il en soit, malgré certaines difficultés nous survécûmes... en partageant force rigolades, quelques "coups de gueules" inévitables dans une « vie de couple »... et s’il m’était donné de revivre la même expérience, soyez certains que je signerais à nouveau des deux mains…
Qu'on se le dise donc !!!
(A suivre)...



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